Le vide se creuse à la chambre basse. Le Cameroun traverse une séquence politique singulière.
Ce mercredi, Sa Majesté Cavaye Yeguie Djibril, figure historique et doyen de la vie parlementaire, s’est éteint à l’âge de 86 ans dans son Grand Nord natal.
Retiré dans son village de Mada en tant que chef traditionnel après avoir cédé le perchoir, il restait, jusqu’à son dernier souffle, le député du Mayo-Sava.
Son décès marque la fin d’une ère : il a présidé la Chambre basse pendant 34 ans, un record de longévité absolue.
Cette même journée a également été marquée par la perte de l’honorable Mbe Essae (Sud), avec ces deux décès la liste s’alourdit au sein du Parlement.

Un Parlement « fantôme » ?
Depuis le début des législatures actuelles (2020 pour l’Assemblée et 2023 pour le Sénat), les chiffres sont alarmants :
- 23 députés sont décédés.
- 18 sénateurs ont perdu la vie.
- Zéro remplacement n’a été effectué à ce jour.
Cette situation laisse de nombreuses circonscriptions sans porte-parole direct au sommet de l’État. Elle crée aussi un déficit de représentation démocratique.
L’impasse du Code Électoral
Pourtant, la loi est claire. L’Article 155 du Code électoral stipule qu’en cas de vacance définitive (décès ou démission), une élection partielle doit être organisée. Ceci dans un délai de 12 mois.
Dans les faits, le constat est tout autre :
Aucune élection partielle n’a été convoquée malgré l’accumulation des sièges vacants.
Le mandat des députés de la 10ème législature, qui devait initialement s’achever en mars 2025, a déjà été prolongé à deux reprises.
Alors que les rangs de l’hémicycle s’éclaircissent par la force des choses. L’incertitude plane sur le renouvellement de la classe politique. Il laisse le système législatif dans une forme d’inertie constitutionnelle. Ainsi avec ces décès, le vide se creuse à la chambre basse.
