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Le Declic de l'info

Douala Cameroun, le principal poumon économique du pays traverse une zone de turbulences.

Depuis plusieurs semaines, le Port autonome de Douala (PAD) est au cœur d’un bras de fer institutionnel qui oppose sa direction au ministère des Finances, sur fond de gestion du scanning des marchandises.

Une crise inquiétante

Une crise qui suscite inquiétudes chez les opérateurs économiques et interroge sur la gouvernance stratégique des infrastructures nationales.

En effet, un conflit autour du contrôle des marchandises À l’origine de la controverse : la question du scanning des conteneurs et marchandises au port, un dispositif essentiel pour la sécurisation des flux et la collecte des recettes douanières.

Le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, a par ailleurs exigé le rétablissement de la société suisse SGS comme opérateur exclusif du scanning.

Celui-ci, estime que ledit contrat demeure valide et stratégique pour la sécurisation des recettes publiques.

De son côté, la direction du PAD défend ses prérogatives de gestion et justifie certaines réorganisations internes dans l’optique d’une modernisation du service.

Malheureusement, ce différend administratif a rapidement pris une dimension politique.

Au regard de cette cacophonie, certains analystes qualifient cette situation de :« guerre institutionnelle » autour du contrôle d’un levier financier majeur.

Des opérateurs économiques inquiets

Pour les importateurs et exportateurs, la priorité reste la fluidité des opérations.

Or, la coexistence ou le changement d’opérateurs de scanning fait craindre :

des retards dans le dédouanement ;

une augmentation des coûts logistiques ;

des risques de double facturation ;

et une incertitude juridique sur les procédures en vigueur.

Le Port de Douala concentre l’essentiel des importations et exportations du Cameroun.

Plus encore, il dessert des pays enclavés comme le Tchad et la République centrafricaine.

Toute perturbation prolongée pourrait donc impacter non seulement l’économie nationale, mais aussi les équilibres commerciaux sous-régionaux.

Des investissements stratégiques malgré les tensions

Paradoxalement, cette crise intervient alors que le port poursuit sa dynamique de modernisation.

De même, le groupe émirati AD Ports Group a récemment annoncé un important investissement pour la construction d’un terminal de vrac sec, évalué à plusieurs dizaines de milliards de FCFA.

Ces projets traduisent l’attractivité persistante de la plateforme portuaire, considérée comme stratégique pour le commerce en Afrique centrale. Toutefois, la stabilité institutionnelle demeure un facteur clé pour rassurer les investisseurs internationaux.

Une affaire suivie au plus haut sommet de l’État Le dossier a pris une dimension nationale. Des interrogations ont émergé au sommet de l’État, et le président Paul Biya aurait ordonné des clarifications et des enquêtes sur certains aspects de la gestion portuaire.

Cette implication présidentielle souligne l’importance stratégique du Port de Douala dans l’architecture économique du pays.

Un enjeu de gouvernance Au-delà du conflit technique sur le scanning, l’affaire pose une question plus profonde : qui contrôle réellement les leviers financiers et logistiques du commerce extérieur camerounais ?

Le Port de Douala n’est pas qu’une infrastructure ; il est le cœur battant des échanges commerciaux du pays.

Ainsi, la résolution rapide et transparente de cette crise sera déterminante pour préserver la confiance des acteurs économiques et consolider l’image du Cameroun comme hub logistique régional.

Dans un contexte économique mondial incertain, la stabilité des institutions reste plus que jamais un impératif stratégique.

Mohamed Fomagha

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