Anicet Ekane, une fin injuste. Le communiqué du ministère de la Défense (
MINDEF) sur le décès d’Anicet Ekanè fait réagir. L’éditorialiste Roland Tsapi décortique ce document administratif.
Selon lui, la forme impeccable cache une réalité sombre sur le traitement des détenus politiques au Cameroun.
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Un narratif pour « se donner bonne conscience »
Roland Tsapi voit dans ce texte une manœuvre rodée. Le pouvoir cherche à laver son image. Le discours officiel vante des soins exceptionnels, des « meilleurs médecins » et un « matériel de pointe ».

L’éditorialiste qualifie cette version de « vérité gouvernementale ». Il pointe une contradiction majeure : si les hôpitaux nationaux sont si performants, pourquoi les ministres partent-ils se soigner à l’étranger ? Ce décalage discrédite le message officiel.
Le paradoxe de l’incarcération
Le problème de fond reste l’éthique de la détention. L’État connaît l’état de santé fragile d’Anicet Ekanè avant son incarcération. Maintenir un homme malade en cellule pose un problème de conscience et de droit à la santé.
Le journaliste rappelle aussi l’hostilité de certains officiels lors de l’arrestation de l’opposant. Passer du mépris affiché à une soudaine sollicitude médicale ressemble, pour lui, à une pirouette cynique.
Quel chemin pour la famille ?
Face à cet État qu’il qualifie de « monstre froid », Roland Tsapi conseille à la famille de prendre acte et d’avancer. Le régime reconnaît rarement les martyrs. L’urgence est maintenant d’offrir à l’homme politique des obsèques dignes.
L’éditorialiste insiste : Anicet Ekanè dépasse le cadre privé.
« Il est un bien public. La famille doit organiser les obsèques en lien avec ses alliés politiques ».
Au final, Anicet Ekanè meurt là où il ne doit pas être. L’histoire retient l’image d’un combattant dont la fin de vie interroge les valeurs de la République. Anicet Ekane, une fin injuste.
Par la Rédaction | Analyse de Roland Tsapi, journaliste et éditorialiste.

